Chantiers accompagnés et participatifs

Un devis de chantier est divisé en 2 parties: le montant des fournitures, et le montant de la main-d'oeuvre. Ce deuxième montant est un taux horaire ou journalier, en fonction de la quantité de travail à effectuer. En fonction de l'investissement que vous pourrez apporter à la réalisation de votre projet, cette partie pourra être réduite, sans pour autant disparaître: le temps passé à la transmission des connaissances est considéré comme du temps de formation.

Je vous proposerai également d'accueillir sur votre chantier des participants bénévoles, que vous pouvez inviter ou qui peuvent faire partie de mon réseau. Je me charge de l'encadrement du chantier mais vous devez souscrire toutes les assurances nécessaires. De nombreuses informations sont disponibles sur le site de Twiza.

Ces chantiers accompagnés peuvent être réalisés en partenariat avec Les Compagnons Bâtisseurs ou Maisons Paysannes de France.

 

Une autre façon de travailler

Qu'apporte le travail collaboratif par rapport à un chantier classique? Pourquoi proposer aux clients de participer à la réalisation de leur projet alors qu'ils n'ont pas forcément le temps ni les compétences? Est-ce que la présence de bénévoles ne va pas plutôt ralentir le chantier? Est-ce qu'elle ne peut pas être considérée comme du travail dissimulé? Qui porte la responsabilité d'un dommage en cas de problème?

La réponse à ces questions découle de la réponse à une autre question plus importante, qui guide mon activité depuis le départ: pourquoi est-ce que j'exerce ce métier après 12 ans d'ingénierie? Pourquoi m'orienter vers la basse technologie et m'intéresser à la sylviculture douce?

Parce que je cherche avant tout, à travers mon activité et la façon dont je l'exerce, à retrouver de la cohérence donc à donner du sens à tout ce que je fais dans ma vie. Et Pour être capable de donner ce sens, nous avons besoin du plus d’autonomie individuelle possible. Nous sommes aussi des êtres sociaux, et nous avons aussi besoin d’un écosystème vivant et fort qui nous permette de vivre en bonne santé. Or chaque personne est unique, donc le sens qu’elle va donner à ses actes aussi. Il nous faut donc créer des liens entre nous pour nous mettre d’accord sur un sens commun à partager, et pour respecter le besoin d’autonomie individuelle, ce sens doit être co-construit ensemble.

Les besoins qui sous-tendent un chantier ne sont donc pas d’être efficace ni d’être rentable mais de renforcer la résilience de l’écosystème, le lien social, et l’autonomie individuelle de chaque personne, y compris la mienne. D’ailleurs si ces besoins peuvent être satisfaits autrement que par une construction, le chantier n’a même pas lieu d’être, mais s’il a lieu, l’architecture, les matériaux, les méthodes, les outils et les techniques sont choisis ensemble pour respecter au mieux ces besoins indissociables, et n’importe qui en accord avec ces choix peut venir participer.

Renforcer le lien social, c’est se mettre d’accord ensemble sur tous les aspects du projet, c’est aussi comprendre le fonctionnement des autres pour pouvoir leur transmettre ce qu’on a appris au mieux et ne pas considérer qu’une tâche correspond à un poste interchangeable, accepter les gens tels qu’ils sont pour pouvoir leur proposer des activités qui les feront se sentir à leur place au sein du groupe. Accepter leurs erreurs, et les miennes, comme partie intégrante du renforcement de l’autonomie. Trouver, grâce à mon expérience mais aussi à celle des bénévoles, des solutions ensemble au lieu de chercher des coupables. Considérer que chaque membre du groupe est important sans vouloir imposer une hiérarchie même tacite. C’est en fait faire l’inverse de ce qu’instaure un contrat.

Renforcer l’autonomie individuelle, c’est donner la possibilité à chaque personne de s’approprier des connaissances et des compétences qui peuvent lui être utiles immédiatement, dans la vie courante. Dans la construction, la meilleure façon d’y arriver est d’utiliser des techniques, des outils et des matériaux les plus simples possibles, c’est à dire, pour la charpente, les techniques de charpente pré-industrielle précédant l’invention du sciage de long : l’équarrissage à la hache, le piquage sur épure, la taille d’assemblages traditionnels, le levage à la poulie. Ce choix permet une autonomisation double : les matériaux et les outils sont à portée de main, me les procurer ne nécessite pas la soumission à des brevets industriels ni l’achat de machines qui nécessitent un support technique extérieur et un énorme endettement, et leur utilisation ne fait appel qu’à la dextérité et à la conscience de son propre corps, qui participe aussi au renforcement de l’autonomie individuelle, et pas au respect de documentations techniques incompréhensibles.

Renforcer la résilience des écosystèmes passe aussi par le choix de la basse technologie, j’utilise donc au maximum des outils à main simples à fabriquer et à réparer et qui ne consomment pas d’énergie. Ce besoin de résilience est aussi satisfait par le choix de l’approvisionnement : au mieux, des bois indigènes locaux issus de coupes d’entretien ou des bois de réemploi issus de chantiers de démolition proches, et par le choix du mode d’assemblage, avec le moins de quincaillerie possible.

Le respect de ces besoins fondamentaux transforme le cadre du chantier : les conditions financière et temporelle deviennent des conditions écologique et sociale. Et pour respecter ces conditions, je propose un devis à la journée, réévaluable en fonction de l’avancée du chantier. Mon objectif n’est plus de faire en sorte que la construction soit terminée dans un délai imparti, mais que la cohérence environnementale du projet, l’autonomie des participants et le lien social entre eux soient suffisants pour que la construction puisse être achevée sans moi.